Interview Michel François sur tous les fronts


Michel François, vous êtes un peu un homme sur tous les fronts. Auteur-compositeur-interprète, auteur de trois albums représentant des univers très différents, producteur, homme de radio, homme d’Internet avec trois sites en plusieurs langues, et bientôt homme de (Web) TV: vous êtes particulièrement dynamique et entreprenant !

En effet, j’ai toujours aimé bouger, depuis mon plus jeune âge, j’aime découvrir, expérimenter de nouvelles choses, voyager. C’est mon essence même ! Vous comprenez bien qu’un homme de mon tempérament évolue constamment, parce qu’il est toujours à l’affût de nouvelles découvertes. Comme disait McArthur, on est aussi jeune que son esprit et son enthousiasme, et on garde sa jeunesse d’esprit aussi longtemps qu’on est capable de rester attentif à l’évolution du monde, à ses changements, de découvrir, de s’émerveiller, d’aimer. Pour moi, c’est essentiel.

Vous avez prononcé plusieurs fois les mots «découvrir» et «découverte» en à peine quelques phrases…

C’est le cœur même de mon identité. Je fais toujours de nouvelles choses, je voyage beaucoup, je vais à la rencontre des gens, de cultures même différentes. Je suis curieux du monde.
Une curiosité bienveillante…?

Bien entendu. Vivre, et surtout vivre comme je le fais, c’est avant tout aimer. Vous savez, je chante principalement l’amour, l’amour et la beauté, et ce n’est pas un hasard. C’est toute ma vie.
Michel François, parlez-nous de votre parcours musical ?

Tout jeune, je ne me suis pas contenté d’user de ma voix, et j’ai appris à jouer de différents instruments: la guitare, le piano, la batterie, Synthétiseur. Déjà à cet âge, je faisais beaucoup de choses différentes, à mon petit niveau et avec mes modestes moyens ! Je suis né en France, donc comme vous vous en doutez, mes premières influences viennent de la chanson française, la chanson populaire surtout, des gens comme Claude François, Sacha Distel,Joe Dassin. Mais vous comprenez bien que pour quelqu’un comme moi, la France a beau être mon pays et un pays que j’aime, elle est vite devenue trop étroite pour ma curiosité. Il y avait tout un vaste monde à découvrir derrière, avec d’autres musiques, d’autres sons. Les États-Unis étaient alors, et sont encore toujours d’ailleurs, à l’avant-pointe des évolutions musicales, et c’était un pays qui me fascinait, donc je suis parti là-bas.
Et vous y êtes resté quelque temps…

J’y suis resté vingt ans.
Le pays vous a plu, apparemment !

Oui, j’ai vécu une véritable histoire d’amour avec ce pays, et j’y ai aussi découvert les synthétiseurs et la musique électronique. C’était le choc de ma vie. Ma musique a profondément changé après cela. Mon album I Want To Love You, dans lequel je chante en anglais, en est un peu le reflet.
C’est un album plutôt électro-dance, assez éloigné de la chanson française en fait ?

Tout à fait. Mais je reste fidèle à mon thème de prédilection, qui est l’Amour avec un grand A. L’amour du couple bien sûr, l’amour des femmes, mais aussi l’amour des enfants, et plus généralement l’amour des gens, l’amour du monde, l’amour de la nature et de notre planète. Il y a tant de choses à aimer !
Qu’est-ce qui vous a le plus marqué aux États-Unis en matière de musique ? Quelles ont été vos principales influences ?

Des gens comme Elvis Presley,Michael Jackson,Elton John, des groupes comme pas de groupes,surtout des solistes. J’ai joué dans un groupe qui s’appelait Les rêves d’Or, et nous faisions souvent des tournées sur la côte est des États-Unis, New York, Philadelphie, Chicago,Springfield. Avec un certain succès !

Avez-vous quelques anecdotes à raconter sur cette époque ? Des rencontres avec ces gens et ces groupes qui vous ont marqué ?

Pas vraiment d’anecdotes mais des rencontres avec des musiciens et des gens de la rue sans que ce soit péjoratif.


Les États-Unis ont-ils été votre seule influence ? Vous avez visité bien d’autres pays !

Oui, je suis allé notamment en Afrique. J’aime la spontanéité, l’authenticité, la chaleur humaine de ces gens. Et comme pour les Américains, j’aime aussi leur esprit positif, leur façon de rebondir dans l’adversité, de ne jamais se décourager, de toujours continuer. J’aime aussi beaucoup la culture tzigane, la fierté de ce peuple. J’y ai beaucoup d’amis. Et, bien entendu, je me suis aussi laissé inspirer par leur musique. Il en est résulté un album comme Pigments, dont l’influence de base est la chanson française, mais où vous pouvez reconnaître des influences africaines, tziganes…


L’Asie n’est pas non plus absente de votre parcours… /mark>

L’Asie est à la mode en ce moment, particulièrement auprès de toute une partie de la jeune génération, je pense notamment au Japon. J’ai réalisé un vidéoclip dont l’esthétique est inspirée des mangas. Cela devrait leur plaire ! Comme un petit clin d’œil… Les Japonais aussi savent rebondir et garder leur optimisme et leur esprit positif. On l’a vu après Hiroshima, après Fukushima. Ce sont des qualités qui aident à surmonter bien des difficultés !


C’est aussi un thème important pour vous, cet esprit positif, cette faculté de rebondir, la résilience… Cela vous vient-il de votre vécu ?

Vous savez, le métier de musicien, et d’artiste en général, est tout sauf facile. Le succès n’est pas toujours au rendez-vous aussi vite ni aussi souvent qu’on le voudrait. Pour pouvoir rester fidèle à ses rêves, pour continuer d’y croire et s’y accrocher assez longtemps pour pouvoir les réaliser un jour, il faut être capable de dépasser tout cela. Et cela, c’est impossible sans une bonne dose d’esprit positif et de résilience. C’est ce que les Américains, les Africains, les Japonais me rappellent constamment – surtout quand j’ai tendance à l’oublier. Ne jamais se décourager, toujours continuer, toujours recommencer, malgré les difficultés. Je suis quelqu’un de très émotif, mais en même temps aussi de très positif. Cela me sauve – de beaucoup de choses !

Par exemple ?

Du découragement, de la dépression, et de tout ce qui va avec, ou de tout ce à quoi cela peut mener: l’alcool, la drogue, le suicide, pour ne parler que de ça… Être positif aide à garder le cap pendant la tempête, dans ces moments où tout va de travers. À rester sur son chemin, coûte que coûte et quoi qu’il en coûte – et à continuer sa route, quoi qu’il arrive. Sans se laisser détourner de son objectif.

Parlez-nous de Lumière Divine. Cet album est lui aussi assez différent ?

Oui, c’est un album de musique instrumentale, chillout, relaxant. Je n’y chante pas.

C’est très religieux comme titre ?

Si l’on veut – très spirituel, plutôt. Ce n’est pas un album de musique d’église ! (rires) C’est un album très moderne, calme, relaxant, qui porte à la méditation.

Pourquoi «spirituel» plutôt que «religieux» ?

Bon vous savez, la religion, elle fait partie de la culture, de l’histoire, même si soi-même on n’y adhère pas. Quelle que soit la culture, et quelle que soit la forme que cette croyance peut prendre selon le temps et le lieu, on sait qu’il existe des gens qui croient qu’il existe quelque chose au-delà du monde que nous voyons et dans lequel nous vivons, qu’il y a quelque chose après la mort. On le sait – mais cela ne veut pas dire qu’on adhère forcément soi-même à une telle croyance, et encore moins à une forme organisée de pratique religieuse plus ou moins conventionnelle. En France et en Europe tout particulièrement, il existe aussi un fort courant athée et agnostique, qui exerce lui aussi sa petite influence et qui fait qu’au total, on peut savoir que l’une ou l’autre croyance existe, mais ne pas se sentir personnellement concerné. C’était mon cas au départ. Je ne me sentais pas trop concerné, ce qui m’intéressait surtout c’était de vivre, de vivre ma vie, de découvrir et d’expérimenter le monde, et ensuite d’en tirer les leçons et de me construire une philosophie de vie à partir de là. Et puis, l’âge avançant, l’expérience, les expériences, le vécu et la maturité aidant, on commence à voir les choses autrement, à les ressentir autrement, à se poser d’autres questions. Une certaine sérénité s’installe aussi, sur beaucoup de plans. Lumière Divine reflète un peu cette évolution personnelle.

Michel François, quels sont vos projets pour le futur ?

Mon rêve est d’être à la fois un homme du passé, du présent et du futur. De représenter tous les temps et tous les lieux. D’être intemporel et universel. Et de rester un homme de mon temps, qui vit et évolue constamment avec son temps. J’espère que ma musique continuera d’évoluer et de refléter tout cela. Et j’espère réaliser bien d’autres projets encore !

Comme par exemple ?

En plus d’être chanteur – auteur, compositeur et interprète – et musicien, je suis également producteur, j’ai un label qui s’appelle Céphéide. J’ai fondé une station de radio Web, Radio Soleil Crooner. J’ai trois sites Web, un pour chacune de ces activités, chacun en plusieurs langues. Et je vais lancer bientôt une station de Web TV qui s’appellera Vidéo Star, et à laquelle correspondra un quatrième site Web, probablement lui aussi multilingue. Sans compter ma présence sur tous les réseaux et sites consacrés au partage de musique, comme Deezer, Bandcamp, YouTube et bien d’autres encore.


Vous êtes décidément un homme très occupé…

Oui, et avec des projets plein la tête!


Michel François, nous vous souhaitons plein succès !

Je vous remercie.